En 2016 la fréquentation globale des salons est restée stable, un résultat en demi-teinte qui masque deux grandes tendances : une clientèle féminine en baisse sensible tandis que la clientèle masculine, elle, progresse largement.

La fréquentation de la clientèle féminine enregistre une baisse de 16 % en l’espace d’un an pour un panier moyen en progression de 2,1 % à 47,88 euros. Un résultat en forme d’avertissement pour le président de l’UNEC : “ le défi pour la profession est de se remettre en question et de faire rêver cette clientèle qui a été considérée, à tort, comme définitivement acquise. ” A l’inverse Bernard Stalter ne peut que se réjouir de la montée en puissance de la clientèle masculine (+26 % en un an) - avec un panier moyen lui aussi en hausse (+6,5 % à 20,40 euros) - alors que tout laissait croire à une désaffection durable des salons par les hommes. “ Nous assistons à un véritable retour en force. L’homme prend soin de lui, il est exigeant. Le phénomène des tailles de barbes et de moustaches lié à l’évolution de la mode et des tendances n’est pas étranger à tout cela. Plus que jamais nous devons professionnaliser la coiffure masculine. ”


UNE TENDANCE LOURDE PAS SI RÉCENTE
Si elle s’est amplifiée au cours des trois dernières années avec le retour en force de la barbe, l’affluence des hommes dans les salons de coiffure trouve en réalité ses racines dans la création d’un néologisme ; métrosexuel. Apparu au milieu des années 90 en Grande-Bretagne il désigne un homme soigné, citadin qui travaille son apparence. Bref, un homme qui n’a plus honte de s’octroyer du temps pour lui et qui fréquente des lieux jusqu’alors réservés, en grande partie, aux femmes. Le temps a fait son oeuvre et depuis une petite dizaine d’années le métrosexuel a traversé la Manche pour s’installer durablement chez nous.
Si le filon de la coiffure masculine s’annonce florissant, pas question pour autant de faire du copié-collé. En effet lorsqu’ils viennent dans un salon les hommes apprécient d’autres codes que ceux déclinés dans les salons pour femmes. Mise en scène, mobilier, éclairage, accessoires, odeur ; ces messieurs préfèreront les espaces naturels et bruts. Plus virils quoi.

NON LA TONDEUSE ÉLECTRIQUE N’A PAS TUÉ LA COIFFURE MASCULINE !

 

A Mantes-la-Jolie dans son salon de la rue Gambetta Xavier Langlois est aux premières loges pour confirmer le renouveau de la coiffure masculine. Ici, au bien nommé Petit barbier qu’il a ouvert il y a seize ans, seuls les hommes poussent la porte d’un salon où les fauteuils de barbier jouent les premiers rôles. “ Au terme de mon apprentissage dans un salon mixte je me suis définitivement orienté vers la coiffure hommes ” explique le jeune patron qui assiste à une montée en puissance de son activité barbier depuis plusieurs années. “ Il y a 16 ans j’étais déjà sur le créneau de la coiffure masculine et de la barbe. J’en faisais une à deux par semaine. Aujourd’hui ça oscille entre 10 et 15 barbes par jour ! ” Quant à la démocratisation des tondeuses électriques elle ne l’inquiète pas outre mesure. “ ça réduit peut être le pourcentage des ventes mais ce n’est pas facile de reproduire chez soi ce que l’on trouve chez un professionnel. Quand un homme vient chez nous ce n’est pas seulement pour se faire coiffer ou raser, c’est aussi pour profiter d’un moment de détente.

BRÈVES :
REGRETS
Xavier Langlois du Petit Barbier a passé son CAP en 1989. Dernière année où la taille de la barbe était enseignée dans le cursus général. C’est donc lui qui a formé ses trois salariés à cette spécialité devenue aujourd’hui essentielle dans son activité. De quoi s’interroger sérieusement sur la nécessité de remettre rapidement au goût du jour cette spécialité au sein de la formation initiale.


ELLES AIMENT ÇA !
Selon un sondage Ifop réalisée pour O’Barber shop, 50 % des françaises trouvent les barbus sexy. Pas bêtes les hommes ont vite compris… 40 % portent la barbe. Une tendance encore plus forte chez les moins de 35 ans qui sont 52 % à la porter.


MODE ET RÉALITÉ
De bucheron ou façon viking, les barbes très fournies sont surtout présentes dans le milieu de la mode. Dans la réalité les clients trouvent qu’à partir d’une certaine longueur cela devient gênant. Surtout avec un col roulé ou une écharpe ! A moins de vivre toute l’année au soleil.


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